…comme un long couloir d’aéroport.

Le brouhaha finit par devenir un simple bruit de fond, qui meurt sur la moquette usée par les pas et le soleil qui transperce les baies vitrées. Des gens vont et viennent sans se croiser, embarquent pour des destinations inconnues, s’envolent au loin. Une concentration de destins divers, chacun suivant son chemin, une infinité de directions possibles, des portes à perte de vue. Il y a ceux qui ont fait le choix de fuir et de ne pas revenir, et ceux qui redoutent de monter à bord, assis sur ce fauteuil devant la fenêtre en imaginant ce que ça fait d’être au dessus des nuages. Essayant de suivre du regard le balai ininterrompu des voyageurs, omnibulé par un hypothétique crash qui à en croire les statistiques n’arrivera jamais, comme un enfant tétanisé face à un simple dessin de loup. Un billet aux informations incompréhensibles plié au fond de la poche, perdu au milieu des murs d’écrans, rassuré d’entendre quelqu’un parler la même langue juste à côté. Une zone hors du temps où se mélangent les fuseaux horaires, quelque part entre le passé et le présent, le quotidien et les congés, le rêve et la réalité. Un prénom griffonné sur un panneau brandi au dessus de la tête pour essayer de retrouver celle qu’on attend depuis des heures, mais comment pourrait elle nous apercevoir au milieu de cette foule dense et agitée? Puis vient cet instant imperceptible où vous vous reconnaissez, laisse moi te soulager de tes bagages, tu n’as plus à les porter seule désormais. Mais dans ce gigantesque théâtre métallique, les retrouvailles côtoient les adieux, et bien souvent la dernière valise sur le tapis n’a jamais de propriétaire. Le plastique vieilli porte encore les traces des précédentes escapades, des autocollants déchirés en guise de souvenirs. Et quand les pages du passeport ne laissent plus de place pour un nouveau tampon, c’est qu’il est temps de rentrer chez soi.

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One Response to …comme un long couloir d’aéroport.

  1. The Yellow Kid says:

    Et le premier qui dit que j’ai pompé Grand Corps Malade sur ce coup, je bannis son IP et je m’ouvre le ventre ensuite.

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