On s’habitue à tout. A l’inspiration qui suffoque, à Rihanna qui ne veut plus être une pute, aux kilos qui s’accrochent toujours plus fort. Aux gens qui font des camp out pour des Spizikes, aux journées grises plus nombreuses que les journées bleues, à Beyoncé qui devient plus grosse que Fat Joe. Courir jusqu’à se rendre compte qu’il n’y a plus de chemin sous ses pieds, paranoïaque incapable d’apprécier le quotidien parce qu’il y a toujours une couille quelque part comme dans un porno gay. Faire le deuil de son ancien moi, accumuler les expériences et les échecs en récitant la suite de Fibonacci, schizophrène comme Emile Ajar et Romain Gary. Demain tout ira mieux si Dieu veut, ou plutôt s’il ne m’en veut pas. On s’habitue à tout, aux mêmes sons tristes en boucle dans les écouteurs, aux points finaux et aux poings finis, aux mots justes 2 heures trop tard, aux mots justes 2 heures trop tôt. Faux naïf qui feint de ne pas comprendre, la vérité fera de vous des hommes libres mais tristes, alors on regarde les étoiles continuer de briller même si elles sont déjà mortes. La solidité d’un bloc de béton bourré de micro-fissures, envie d’aller jusqu’au bout du monde mais la flemme de revenir. On m’a dit un jour « les choses sont là jusqu’à ce qu’elles soient plus là », logique implacable comme un All Black face aux habitudes effacées par l’écume des jours. On s’habitue à tout, même à un vendredi sans Edito.
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J’adOre comme toujours mais je ne m’habiturais jamais a ne pas pouvoir te lire..