L’édito de la fin de la semaine

168 heures de moins. Cette semaine j’ai donné un cadeau d’anniversaire en retard, j’ai trouvé une pièce de 2 euros au fond de mon sac et j’ai encore oublié de recharger mon iPod avant de me coucher, je me suis tapé tout le trajet de métro avec le bruit ambiant. J’ai imaginé la lune briller dans un autre bout de ciel alors j’ai checké le prix des billets d’avion, et finalement j’ai réservé sur Impôts Airlines, départ le 15 septembre à minuit maximum, en First évidemment. Cette semaine j’ai cherché des thèmes sans relâche, écrit des dizaines de lignes dans ma tête, le crâne posé sur un oreiller anti-acariens et les yeux rivés sur l’intérieur de mes paupières. Mais au réveil, faille abyssale dans les souvenirs même sans GHB, comme quoi n’est pas Jay-Z qui veut. Cette semaine j’ai jeté deux fois des dés Supreme contre un mur puis je les ai rangés dans un coin sous la poussière, et j’ai enfin compris le système de pointures pour bébé. J’ai appelé ma grand-mère, celle qui te raccroche au nez sans prévenir en plein milieu de la conversation parce qu’elle pense encore que tu paies 25 francs la minute. Je me suis assis en tête à tête avec un Double Cheese dans un coin du McDo où des clients ont vu une souris se balader en tout détente. Et j’ai secrètement espéré trouver une tête de rat mort dans mes nuggets. A moi les millions. Cette semaine je n’ai pas tweeté “RIP Mehdi” mais je l’ai pensé très fort. Pousse au milieu des cactus ma rancoeur, comme la bonne conscience au milieu des RT déposés sur un mémorial numérique sans aucune pudeur. Cette semaine j’ai ressorti une veste, déjà l’été a été, demain c’est Noël puis la fin du cinquième soleil. Cette semaine, ou plutôt la semaine prochaine, Entourage sera de l’histoire ancienne, un joli souvenir. Boule à la gorge. Cette semaine j’ai découvert que le simple fait de changer de place dans un wagon pouvait ouvrir un tout nouveau monde. Cette semaine j’ai aussi failli vomir, je déteste vomir, quand j’étais petit je crachais tout par le nez en général. Je me souviens d’une fois où j’ai siphonné mon estomac jusqu’à cracher de la bile noire, un jet comme dans “L’Exorciste”. Au moins je suis sûr de ne jamais devenir anorexique-boulimique. Cette semaine j’ai vu des gens pleurer en face de moi sans savoir comment réagir, incapable de les prendre dans mes bras comme la Vénus de Milo. Cette semaine, comme les autres, j’ai regardé filer 168 heures.

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