La science des rêves

Chaque fois que je rêve d’une personne, je pense à elle toute la journée qui suit. Une obsession incontrôlable, comme ce besoin soudain de partir cruiser en Aston Martin à Los Angeles après avoir regardé un épisode d’Entourage. C’est complètement débile mais lorsque je rêve d’une fille, j’ai tout de suite envie de la voir, comme si elle aussi avait rêvé la même chose que moi, qu’on allait s’appeler pour échanger des rires complices. Le genre de sensation qui te fait faire n’importe quoi bien souvent. La dernière fois que ça m’est arrivé c’était avec Rihanna, et j’ai passé la matinée à regarder ses clips sur YouTube, comme on regarde les photos de son ancienne meuf encore enregistrées sur son téléphone. J’avoue, au bout d’un moment je me suis senti très con.

Une autre fois, j’ai rêvé que 7 demoiselles sortaient en même temps un seul sein rond de leur décolleté, comme 7 samouraïs ou 7 evil exes en petite tenue. Une sorte de code universel pour m’informer que j’allais devenir la victime de leur insatiable appétit sexuel, comme un gnou dévoré par des hyènes, faites de moi ce que vous voulez. Mais je ne fais pas que des rêves bleus avec des femmes nues, loin de là. Je rêve parfois que je suis Batman et je me réveille dans la peau de Bruce Wayne. Ou que je peux déformer le décor qui m’entoure par la seule force de mon esprit. Ou je rêve que je peux revenir en arrière et changer les choses, avant de me rendre compte qu’avec des Si on ne modifie quand même pas la musique. Ou je rêve d’un autre monde, où la Terre serait ronde, la lune blonde et les heures plus longues que les secondes (bien obligée de la faire celle la, mais promis je vous épargne celle avec Martin Louis The King Jr).

Il paraît que chaque rêve a une interprétation, un sens caché. Enfin, surtout une explication unique que la personne en face de toi veut absolument croire et incruster dans ton crâne, la plupart du temps. On m’a dit une fois qu’avant de mourir, tes proches te rendaient une dernière visite dans l’un de tes songes si tu étais chanceux. J’ai longtemps cru que c’était une phase maladroite pour m’expliquer comment faire son deuil, puis j’ai rêvé de mon grand père. Fort, robuste, souriant, me tapant sur l’épaule pendant un barbecue en me disant de ne pas m’inquiéter, que le repas serait excellent, que je pouvais retourner jouer. Alors au final, je me dis que les rêves, c’est un peu comme les cartes au Uno: ils ont le sens que tu leur donnes.

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2 Responses to La science des rêves

  1. nkl says:

    Encore un passage de brosse mais j’aime vraiment beaucoup la façon dont tu arrives à mettre en mots ces “trucs”… pour ce billet : le rêve d’une ex qui te poursuit toute la journée, les aïeux qui viennent te visiter après le trépas. Et en général tes billets persos dans lesquels souvent je me retrouve. Voilà c’est dit.
    Merci et au plaisir…

  2. uzi93 says:

    Nkl a tout dit !
    Je me sens moins “fou” quand je te lis, l’impression de pas être seul à rêver encore un peu, la trentaine passée…
    Merci.

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