Maj + Pomme + Suppr

Une prison rugueuse ou un nid douillet. Vitaux lorsqu’on les perd, mis de côté tant qu’ils sont à portée de main. Puis un jour tout s’efface, comme un disque dur qu’on reboote accidentellement. Des dizaines de fichiers aussi vides que le chargeur d’un lycéen de Columbine. Montée d’adrénaline désespérée pour ouvrir les vannes du cerveau une dernière fois, plonger la main dans l’eau pour attraper ce qu’il est encore possible avant qu’ils soient définitivement aspirés par le tourbillon qui s’agite soudain, tout entasser dans un coin. Puis les laisser s’évaporer, comme un ballon qui regagne le ciel bleu, parce que l’essentiel est déjà stocké ailleurs, là où rien ne disparait réellement. Des centaines de photos dans le téléphone, mais des images sans fin gravées derrière les yeux, si profond qu’elles percent les rétines, dont s’écoulent des larmes salées. Les visages commencent à s’effacer comme Marty McFly une fois le concert fini, mais la DeLorean n’est jamais loin. Vitres baissées, cheveux au vent, volume à fond, un oeil sur le rétroviseur, éternellement bloqué à 88 miles par heure. Là où on va, on a pas besoin de route.

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