Méga-surprise

Le réveil sonne une première fois, puis une deuxième 10min après, et une dernière, beaucoup trop tard. Les cris des enfants se faufilent à travers la fenêtre ouverte, le coussin est moite, le papier colle aux bonbons. Un verre du premier truc frais qui me passe sous la main, un coup d’oeil dans le miroir, rapide pour ne pas prendre peur à cause des cernes de Gaara, et la mauvaise haleine de la bouche de métro m’enveloppe déjà. Le dossier du siège gratte, l’ordinateur chauffe, le bureau grince, les collègues soupirent sans interruption. La clim’ assèche la gorge et le nez, les poignées de main sont écoeurantes d’humidité, le milieu de matinée ressemble déjà à un vendredi soir. L’odeur de bouffe ajoute la nausée à la migraine, je sors m’étouffer avec de l’air compact. L’impression que le bitume brûle sous le ciel gris pendant que le Fanta citron chatouille les narines, le fauteuil ne s’est pas rafraichi. Le T-Shirt fusionne avec le torse, les plaintes répétées deviennent aussi insupportables qu’un bébé qui hurle à côté de toi dans le train. “Acura Integurl” résonne, les fenêtres se ferment et s’ouvrent sans courant d’air digital, la souris fouine sur les profils qui déroulent. Puis elle apparaît, sans que je sois préparé, en plein écran. Peu de choses ont changé depuis toutes ces années. Sauf qu’entre temps, elle a installé une barre de pole dance dans son salon, et elle écarte ses jambes nues à 1m45 du sol, entre le siège bébé et le canapé. Vive Facebook.

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One Response to Méga-surprise

  1. Antipode says:

    Et vive Yellow kid

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