L'édito de la fin de la semaine

Il paraît que l’amour dure 3 ans. C’est pas moi qui le dit, ce sont des chercheurs, via une étude très sérieuse qui prouve que la plupart des couples ont de fortes chances de ne jamais passer le cap de la troisième année. Un peu comme un proprio qui voit dans quel état tu as mis son appartement et qui ne renouvelle pas ton bail, tant pis pour toi, va falloir retourner galérer pour trouver où poser tes valises. Ils mettent ça sur le dos de la biologie, le corps ne produirait plus d’ocytocine au bout d’un certain temps, et la magie des débuts cèderait face au plus terrible ennemi du couple après Facebook: le quotidien. La patience cède sous les coups répétés de la routine et les détails minimes viennent à bout de tout, tels une armée de fourmis rouges dévorant un éléphant. Mais après tout c’est logique, le concept de l’effervescence est bien de pétiller un court instant, avant de se noyer dans un verre d’eau.

Au final ce n’est pas qu’une simple image, ton organisme lui même ne supporte plus cette relation. Sauf qu’on en revient à un débat séculaire, qui de l’oeuf ou de la poule est arrivé en premier? Est ce mon manque de la fameuse hormone de l’amour qui fait que je trouve que tu as grossi, que tu es mal coiffée, que la moindre de tes remarques est insupportable et que je ne te prends plus dans mes bras avant de dormir? Ou bien est ce l’ordinaire, le sentiment que tout est acquis éternellement et la perspective d’un chemin tout tracé qui ont eu raison de ma réserve de polypeptide? Lequel des deux influe vraiment sur l’autre? Le monde prend un sens nouveau, ce qui te faisait sourire te fait désormais pleurer, sans que tu saches réellement quelle est la cause de tout ça. Avant que des hommes en blouse blanche ne tentent de rationaliser les relations amoureuses, la nature faisait son oeuvre, les animaux se séparaient une fois leur enfant apte à survivre seul. Donc vu l’état actuel des choses, comptez une peine de 25 ans ferme minimum, pendant lesquels il faudra lutter sans artifice chaque jour, comme un cycliste sans EPO qui tente de franchir un col, l’un de ceux qui ne plonge pas vers deux montagnes arrondies.

Si certains couples surmontent le cap fatidique sans fatigue, c’est que l’amour seul ne suffit pas dans une relation. Gardez vos grandes phrases idéalistes, l’amour triomphe toujours, il vient à bout de toutes les épreuves, conneries, vous savez comme moi que vous vous mentez à vous mêmes pour éviter de vous asseoir dans un coin et de pleurer jusqu’à ce que vous ayez mal au ventre et au thorax. Sans un entraînement rigoureux et acharné, le talent pur ne crée pas de champion du monde, la victoire ne s’obtient qu’au prix d’épreuves et de sacrifices quotidiens. La passion ne ressoude pas les membres brisés, ne tait pas l’appel des clubs étrangers et n’efface pas les managers qui privilégient leur bien être à celui de leur protégé. Prendre en compte les paramètres extérieurs ne signifie pas que l’on se prépare une porte de sortie, que l’on a peur de se laisser porter ou que l’envie n’est pas suffisante, au contraire. C’est faire preuve de lucidité, et s’empêcher de croquer les fruits sur le point de tomber de l’arbre, pour mieux arroser les racines. Parce que l’amour dure peut être 3 ans, mais pour la douleur et les regrets, on n’a toujours pas de date de péremption.

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