Les grands moments de solitude

Les fêtes de fin d’année sont toujours l’occasion de passer un peu de temps avec la famille qu’on ne voit pas souvent et en ce qui me concerne, de se souvenir des 30 ans de mon oncle où on a passé la soirée à jeter du papier toilette mouillé par dessus la porte des WC pendant que les gens vomissaient, ou encore de la maison du voisin repeinte en vert avec une bande de 1m10 de haut (on était pas plus grands que ça). C’est aussi le moment privilégié pour essayer de trier toutes les conneries que j’entasse dans ma chambre d’ado parce que ça ne rentre pas dans mon studio actuel et parce que je ne veux surtout rien jeter, pas même ce vieil agenda L’Etudiant rouge qui témoigne d’un glorieux passé de dessinateur. Et en fouillant dans cette masse difforme, je suis tombé sur des dossiers incroyables du genre à faire exploser les stats de WikiLeaks, dont un sublime texte que j’ai écrit alors que j’avais même pas 10 ans et que je me suis fait un plaisir de recopier sans aucune modification, afin de le commenter. Je pense que ça méritait bien cet honneur.

Dans un pays magique, mystérieux et fabuleux vivait une jeune princesse belle et charmante (je faisais déjà la distinction entre les deux), grande (en même temps je mesurais 1m02 donc tout le monde me paraissait grand), aux cheveux noirs et bouclés (sexy brunette) appelée Marguerite (le nom qui casse tout, me demandez pas pourquoi elle s’appelle Marguerite moi même je ne me l’explique pas). Elle était faible, adroite et vigoureuse (vous noterez que j’emploie des adjectifs sans vraiment les comprendre) ainsi que rusée, sage et ignorante (encore une nouvelle preuve, et ce n’est pas la dernière). Son caractère était doux, souvent triste (ah, déjà à l’époque) et curieux. Elle avait trois qualités: elle était gentille, polie et soigneuse, et trois défauts (je dois avoir un problème avec le chiffre 3, il doit y avoir une explication irrationnelle dans la numérologie): elle était jalouse, gourmande et grossière (tout et son contraire, une vraie femme quoi).

Marguerite voulait aller à la recherche de son fiancé Rémi (personnage inspiré par celui sans famille) qui était prisonnier dans un château merveilleux, fantastique et hanté (inversion des rôles, la femme est l’héroïne, soit je suis un visionnaire soit j’ai trop joué à Metroïd). Le chemin lui avait été indiqué par un lutin aveugle (le gars est fort, il indique un chemin alors qu’il voit rien, moi je dis méfiance ça sent le piège), affreux et gracieux (méfiance multipliée par 10) dont elle avait fait la connaissance pendant un voyage au bord d’une rivière (oui, c’est très agréable un voyage au bord d’une rivière, vous devriez essayer).

Elle partit à l’aube en emportant des provisions et un couteau (ça ressemble plutôt à un pique-nique dominical si vous voulez mon avis mais bon, chacun se prépare comme il veut pour la guerre). Après avoir traversé des villages inhabités et déserts (au cas où vous avez pas bien saisi l’aspect dépeuplé) et des villes calmes et inconnues (ambiance Inception), elle rencontra par une journée au temps humide (je pense que je me faisais encore pipi dessus à l’époque, et que ça me perturbait fortement), nuageux et gris une fée blessée (une bonne histoire d’heroïc fantasy ne fonctionne qu’avec un lutin aveugle et une fée blessée). Marguerite donna à manger à la fée et la sauva (life +50). La fée la remercia en l’accompagnant dans son voyage (constitution d’une équipe, on se croirait dans un Tolkien. Ou alors la fée est une gratteuse de bouffe).

Au bout de 4 semaines d’aventures (j’ai dû avoir la flemme de raconter là, ça trainait un peu trop à mon goût), Marguerite arriva enfin au château où son fiancé était retenu prisonnier par une sorcière affreuse, laide et borgne à l’air redoutable, cruel et brutal (je pense que je devais être en train de regarder le débat entre Le Pen et Tapie pendant que je décrivais la sorcière). Elle se déguisa en garde (rappelez vous, elle est rusée) et traversa de nombreuses salles mais fut surprise par son adversaire (rappelez vous, elle est aussi ignorante) qui voulut s’emparer d’elle pour demander une rançon et blessée (non, il ne manque pas de mot, je tentais des effets de styles novateurs parfois, pour voir ce que ça donnait). Elle fut aidée par une fée (encore une autre?) venue à son secours et attaqua courageusement et avec courage (au cas où vous comprenez pas) et finalement remporta la victoire et fut victorieuse (au cas où vous comprenez toujours pas). Marguerite s’échappa et enchaîna la sorcière (je ne sais pas comment elle peut l’attacher alors qu’elle est partie mais bon, on est plus à ça près) puis elle délivra son fiancé et le libéra (oui, j’aime insister lourdement).

Ils quittèrent le château et retournèrent dans leur pays (quand je vous dis que Le Pen m’a traumatisé) où on les acclama et la joie fut très grande (façon fin de Star Wars – Episode IV) puis ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants (foutue pression sociale).”

Moralité: comme quoi la Scred Connexion avait peut être raison, mauvais départ ne veut pas dire arrivée foireuse.

This entry was posted in Non classé and tagged , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmark the permalink.

14 Responses to Les grands moments de solitude

  1. mouradaouis says:

    ça m’a bien fait marré surtout t’es petits commentaires (entre parenthèse) et on ressent bien l’influence Geekienne 😀

  2. Pingback: Tweets that mention Les grands moments de solitude « The Yellow Kid -- Topsy.com

  3. Naïma says:

    trop mignon

  4. Luciano-kid says:

    et la note qui allais avec ??

  5. Akar says:

    J’aime bien le texte. Y’avait déjà une petite plume à l’époque!

  6. Yacine says:

    Très bel emploi de la construction récurrente : sujet, verbe, complément, adjectif qualificatif, adjectif qualificatif, adjectif, adjectif qualificatif.

    A la fin, ça m’a usé. J’en suis resté à l’épisode du couteau : marguerite a-t-elle sauvé rémi ?

  7. Feriel says:

    oh mon dieu j’ai RIII du début a la fin! t’étais un enfant très créatif et avec un vocabulaire limité visiblement :)

  8. samya says:

    ça me rappelle un texte que j’avais fait vers 9/10 ans mais c’était à l’aide d’un logiciel sur ordinateur (le seul ordinateur de l’école) qui écrivait les grandes parties de l’histoire et on remplaçait les trous par le nom du héros, le pays, des adjectifs qualificatifs etc mais comme on ne savait pas à l’avance ce que l’ordinateur allait nous demander ça donne une histoire bizarre un peu comme la tienne quoi 😉

  9. yacine says:

    Je ne pense pas que Yellow Kid ait fait ça dans un cadre scolaire, ça a plus l’air d’être un irrépressible besoin d’expression personnelle qui l’a guidé. Mais je peux me tromper, non ?

  10. Dicky says:

    Franchement c’est très bon ! Je vais traduire le tout et envoyer ça à Shigeru Miyamoto, qui ne rêve pas d’un personnage au prénom si étrange et féminin. Ca m’a bien fait rigoler tes petits commentaires. Il faudrait écrire la suite aujourd’hui, le divorce, la garde des enfants… la totale mais merci pour avoir partager cette petite pépite.
    Bonne Année en passant
    Cordialement

    Dicky le Canard

  11. Androo says:

    MARGUERITE!!!!!!!! influence fernandel? la vache et le prisonnier??? lool quoi qu’il en soit.

  12. Marvine says:

    😀 Bien rigolé, ce serait presque mignon comme texte 😉

  13. Miss Just says:

    J’en ai ri a en avoir la larme au l’oeil. Merci pour ce moment.

  14. puresoul says:

    Oh mon dieu, j’ai ris ; beaucoup, un peu trop peut être! j’me suis tellement reconnu là dedans c’est flippant !
    thanks a lot, you just made my day
    *et on est un dimanche et jsuis malade alors ça a tout son sens !!*
    :=)
    ps. : jsuis tombée par hasard sur ton blog et tu viens de gagner une nouvelle fan !

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *