L'édito de la fin de la semaine

Je ne sais pas ce qui est le plus dur, trouver un taf ou séduire une fille. Même si au final, c’est un peu la même chose. C’est vrai quoi, de nos jours, arriver à pécho une meuf s’apparente à une vraie recherche d’emploi, et parvenir à tes fins devrait te donner un succès à 100G ou un trophée en platine, au moins. Quand tu es au chômage, c’est toujours plus dur, on voit que tu n’as plus l’habitude, tu es maladroit, tu veux trop en faire. Et c’est cruel parce qu’a contrario, lorsque tu as un emploi stable qui te satisfait pleinement, c’est là où tu es le plus sollicité par les autres sociétés. Parce qu’elles se disent que tu es sérieux, digne de confiance, et si un employeur a fait la démarche de te garder c’est que tu as une valeur certaine. Alors elles te font des avances, jusqu’à parfois te déstabiliser complètement. Mais une chose est invariable: que tu sois au chômage ou non, tu es obligé de passer des entretiens.

Il y a des gens qui ne vivent que pour les entretiens, qui ne cherchent même pas obtenir le poste, ils veulent juste se prouver qu’ils sont encore bien côtés sur le marché, qu’ils ne seront jamais en galère et qu’ils pourront retrouver un taf sans efforts. Pour tous les autres, en général cet instant est synonyme de stress, mains qui tremblent, coeur qui bat, mots bafouillés et prière pour une nouvelle entrevue. Je vous rassure tout de suite, on fait tous pareil: on modifie le CV en fonction de l’interlocuteur, on choisit de mettre des qualités en avant au détriment d’autres, de toute façon quand j’aurai signé ce sera trop tard pour faire marche arrière, et puis on se dit que c’est jamais trop grave. Le rituel est le même, tout est analysé sans laisser transparaître la moindre émotion: la situation professionnelle actuelle, les expériences passées, le revenu annuel moyen, le nombre d’entreprises fréquentées, la formation reçue, l’âge du premier diplôme, le nombre de CDD versus le nombre de CDI, les renvois pour faute grave. Même les hobbys sont décortiqués, pour savoir s’ils seront compatibles avec un temps plein contraignant. Et puis maintenant l’accès aux infos est tellement simple grâce à Facebook, les recruteurs ne se privent pas de stalker ouvertement les profils pour se faire une idée bien précise du candidat.

On entend partout qu’on vit une période de crise, mais c’est faux, les entreprises recherchent toutes activement, il faut juste être plus performant que les autres. Les petites sociétés ont désormais des ambitions de grand groupe international, elle ne te regarde pas si tu es un junior, que tu n’as pas d’expérience ou que l’un de leur chasseur de tête n’a pas entendu parler de toi. Y aller au culot marche encore parfois, mais c’est toujours risqué et l’incompréhension n’est jamais loin. Alors de plus en plus d’inactifs optent pour le cumul des emplois, et jonglent entre 2, voire 3 activités, multiplient les petits contrats avec des missions courtes et les périodes d’essai. Le profit peut être important et l’expérience engrangée est certes intéressante mais bien souvent, l’épuisement physique et psychologique s’avère être une fin inéluctable, et il est difficile d’en sortir indemne. D’autant plus que dans la plupart des cas, les mauvaises recommandations collent à la peau, surtout si l’ex-patron est rancunier. Car même si quelques unes autorisent une activité extra-professionnelle, il faut garder en tête que les sociétés sont possessives et que les recruteurs ont souvent le même réseau, et passent par les mêmes filières de recrutement. Où tu es déjà sûrement fiché.

Et puis il y a ces boîtes qui nous font rêver, parce qu’on sait qu’on n’en fera jamais partie. Que ce soit pour leur originalité, leur prestige ou leurs conditions d’embauche, elles sont inaccessibles et on se contente de les regarder de loin, en envoyant parfois une lettre de motivation minable et désespérée, ambiance bouteille à la mer. Une terrible injustice, car il est toujours complexe d’arriver à bien se vendre, de mettre en avant ce qui est susceptible de séduire, de franchir ces barrières invisibles et irrationnelles qui nous séparent d’un job de rêve, dont on est convaincu qu’il est fait pour nous et qu’on peut lui apporter quelque chose de différent. Il parait que la meilleure solution alors est d’emprunter des voies non-conventionnelles, en créant un blog par exemple, histoire d’avoir une carte de visite qui présente ce que tu es réellement, sans artifices ni préjugés. Sauf que si le blog est réalisé pour des mauvaises raisons, cela se voit tout de suite et il ne te mène pas très loin. Et si vous voulez mon avis, ne vous rabattez pas sur les médias sociaux, leur pertinence est souvent surfaite. Ce sont de simples accélérateurs de mise en relation, mais au final on se rend vite compte que rien ne vaut une bonne vieille recherche à l’ancienne, toujours à l’affût et avec la patience comme meilleure arme.

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0 Responses to L'édito de la fin de la semaine

  1. Toucha says:

    Je sais pas si ce commentaire sert à quelque chose mais j’aime cet edito! Je me dis juste que tout est possible every single morning et que someday I will get that job. In the meantime I’ll go get my master.

  2. Rama says:

    Loool (ouais bon il est 1h du mat)
    J’adore cette approche de la recherche d’amour …oups d’emploi !!! On ne peut pas faire mieux dans le genre RH

  3. Sese says:

    J’aime aussi cet edito, ça me rappelle ces moments où j’envoyais des tonnes de cv pour quitter mon emploi et trouver de plus grandes aspirations “dans ces boites qui nous font rêver”, lol.

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