L'édito de la fin de la semaine

Il paraît qu’on mesure ton niveau de popularité au nombre de tes ennemis. Et malheureusement, certains prennent cette idée un peu trop à la lettre. Je veux bien qu’on ne fasse pas l’unanimité, que les goûts et les couleurs ne se discutent pas et qu’une critique argumentée soit plus constructive et apporte plus qu’un compliment insipide, mais il faut arrêter de penser qu’être la cible de la bile déversée par le monde entier, c’est cool. Parce que vous avez beau clamer le contraire dans vos posts au torse gonflé, derrière chaque blog de chroniqueur caustique et d’impitoyable assassin lyrical se cache une personne humaine, une vraie. IRL. Et on a beau être solide et préparé parce que l’on sait où l’on met les pieds, se prendre des claques toutes les deux visites, au bout d’un moment ça commence à piquer (demandez aux Jacksons 5 si vous ne me croyez pas). Alors sortons de cette croyance populaire qui prétend que souffrir c’est bien, que ça crédibilise, et que réussir sans être critiqué c’est louche. Je sais pas quoi, un mec avec uniquement des crachats sur sa veste, moi ça ne m’inspire aucune admiration.

D’autant plus si en fait, vos ennemis sont fictifs. Et je dis ça parce que ces derniers temps, je tombe sur un bon nombre de magazines (bien souvent gratuits d’ailleurs, je ne sais pas s’il y a un rapport) et de blogs où les articles et éditos ressassent la même rengaine, si chère à ceux qui cherchent à se donner de la contenance autrement qu’en tenant un verre de champagne pendant qu’ils débattent sur le dernier Beigbeder dans une soirée privée. “Ouais, on continue de le prouver aux jaloux, on est encore là, vous nous copiez et vous essayez de nous descendre mais on tient, on partira pas parce qu’on déchire grave, merci à ceux qui nous soutiennent et même aux autres, votre haine nous pousse à faire mieux”. Ambiance générateur automatique de phases nazes et de refrains fatigués. Parce que je te rassure tout de suite: tout le monde se fout de ce que tu écris, tu peux souffler. Donc n’essaie pas de nous faire croire que des gens t’attendent en bas de chez toi pour te jeter des tomates, que tu reçois des mails incendiaires tous les jours et que ta rubrique “commentaires” est citée en exemple dans Wikipédia au mot “Lynchage”. On ne te croit pas, il te faut plus de monde. Et quand bien même tu cristalliserais un certain nombre de critiques et que cette rage serait le carburant sans plomb de ta motivation, comme on dit, on gagne plus de victoires lorsqu’on lutte pour, que lorsqu’on lutte contre quelque chose.

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0 Responses to L'édito de la fin de la semaine

  1. buffalo_soldier667 says:

    “on gagne plus de victoires lorsqu’on lutte pour, que lorsqu’on lutte contre quelque chose”.
    Pas mal comme citation. Je crois également que la victoire est encore plus belle lorsque la rage se transforme en énergie positive.
    Peace unity love and havin fun 😉

  2. Haterz says:

    ON EST LES HATERZ ET ON VOUS EMMERDE TOUS

  3. Lartiz' says:

    Très juste tout ça; ils nous font chier qvec leurs éditos de survivors alors qu’en fait ils se parlent à eux-même pour se convaincre de leur pertinence. Je me dis comme toi quand je lis ce genre de trucs (de XXL à Gasface aux gratuits qui trainent dans les bars, c’est LE concept d’édito on dirait).

  4. Androo says:

    Morsay si tu nous entends…

  5. Proctologue says:

    Trop facile Morsay. En plus y a le cousin d’Amel Bent qui le cherche là.
    La médiocrité est encore plus crasse quand il s’agit de gens considérés globalement comme intelligents… Genre IAM, cf. le speech de Kheops après le concert privé sur M6 “on continue parce que ça ferait plaisir à trop de monde si on arrêtait” : tu veux pas juste continuer pour essayer de faire de la bonne musique ?

    “Pour sortir ma musique de la crise, j’ai plus besoin d’inspi que d’Hadopi”. Amen Youfoupha.

  6. IKI says:

    Y a moyen par contre de faire un édito style pourquoi y a des f@@@ING blog ou mag qui ont du succès alors que ça pue du c### ? Moyen ou pas ?

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