L'Edito de la Fin de la Semaine

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Quel bien joli titre pour une nouvelle rubrique. Mais au risque de vous décevoir, son origine est purement pragmatique, et peut s’expliquer de plusieurs façons. Personnellement, j’ai toujours trouvé ça con les éditos de début de semaine, ceux où on ne fait pas vraiment un bilan des jours passés ni une prévision sur ceux à venir et où l’on balance des banalités qui se veulent pertinentes, mais qui au final deviennent surtout stupides en fonction des évènements arrivant les jours suivants. Sans parler du fait qu’en ce qui me concerne, en début de semaine, j’ai autre chose à lire que des tentatives de déballage de style. D’autant plus que j’ai remarqué qu’on est toujours plus indulgent quand le weekend nous bippe parce qu’il est en bas.

Et puis la fin de semaine c’est plus cool pour écrire, on a toute la matière première à dispo sous la main. Entre deux phrases, on peut zapper sur la TNT, source intarissable de sujets hors du commun. Bon j’avoue, passé 23h on tombe surtout sur des vieux films érotiques de 95, sur du poker à toutes les sauces (mention spéciale à Patrice Laffont en croupier égaré sur Direct8) ou sur le même flash info en boucle pendant 7 heures sur iTélé, mais on peut aussi tomber sur des choses intéressantes parfois. Par exemple, on peut zapper sur France 4 et tomber sur le Belattar Show, de Yacine Belattar donc.

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Ca me fait un peu chier d’en parler parce que Guy Carlier a fait un billet relativement bien écrit à ce sujet dans Télé 2 Semaines, magazine qui est une autre source intarissable de thèmes pour moi, mais bon. Je dirai juste que chaque émission se suit et se ressemble, Yacine ne sachant toujours pas s’il doit tutoyer ou vouvoyer ses invités, sortant uniquement des vannes sur Rachida Dati, Carla Bruni ou Nicolas Sarkozy (le Triangle d’Or des losers de l’humour), ou fantasmant naïvement sur les années 70, époque de la liberté d’expression absolue selon le jeune animateur (oserait-il invoquer la censure comme excuse à ses blagues infâmes?). Et je précise que c’est bien dommage, parce que les invités sont souvent intéressants – ce soir par exemple c’était Siné, dessinateur mythique de Charlie Hebdo qui s’est illustré dans l’excellent documentaire “L’Avocat de la Terreur” sur Maître Jacques Vergès, et qui aura pour pierre tombale un doigt d’honneur avec inscrit “Mourir? Plutôt crever!”. Et je vous rassure tout de suite, je ne parlerai pas du pseudo beef entre Yacine et Eric Zemmour via leurs sites respectifs fermelazemmour.com et fermelabelattar.com, qui relève plus d’un crêpage de chignon entre écoliers pré-pubaires qui comparent leurs poils naissants que d’un véritable clash. D’ailleurs j’y pense, je vais acheter le nom de domaine alleztousvousfaireenculer.com dès demain, je sens que ça va bientôt buzzer.

tableau enculer

On peut aussi tomber sur ce que tout le monde appelle communément (et sans aucun racisme) “Les films de renois“. Mais si, ces films cainris où il y a toujours les mêmes acteurs et toujours les mêmes personnages: Taye Diggs en bogosse un peu timide, Sanaa Lathan en meuf qui doute d’elle, Nia Long en garce ou Terrence Howard en pote franc et un peu caillera (enfin, ça c’était avant d’être un boss dans Iron Man). Ces Love & Basketball, Brown Sugar, The Best Man ou Two Can Play That Game. Ces longs métrages qui sortent directement en vidéo club, qu’on voit et revoit à chaque fois qu’on veut faire le mec sensible devant une fille pour qu’elle se laisse (r)embobiner. Ces films où les scénaristes ont une imagination incroyable, où tout le monde sort avec tout le monde et où les héros se marient avec les amours d’adolescence de leurs meilleurs potes. Ces DVD qu’on peut pécho à 6,99 euros dans les grandes surfaces, en tête de gondole à côté de Go Diego!, La Vache et Le Prisonnier ou l’intégrale Hollywood Night. En bref, ces films qu’on a tous honte de kiffer en public.

love & basketball

Et on peut tomber sur bien d’autres choses encore sur la TNT, sur des documentaires mille fois pire que Confessions Intimes ou sur des jeux tellement débiles qu’ils en deviennent addictifs, mais je vais arrêter de broder et d’essayer de vous la faire à l’envers. Parce que soyons franc, l’avantage majeur d’un Edito de la fin de la semaine, c’est qu’on a toute la semaine pour le préparer tranquillement. Dommage que je ne m’en rende compte qu’une fois le mien écrit.

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